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Détail
LES EXPULSÉS DEVANT LES TRIBUNAUX. ...

AUFFRAY (Jules) et CROUSAZ-CRÉTET (Léon de), LES EXPULSÉS DEVANT LES TRIBUNAUX. RECUEIL DES DÉCISIONS JUDICIAIRES RELATIVES À L’EXÉCUTION DES DÉCRETS DU 29 MARS 1880 , Paris / Bruxelles / Genève, Vor Palmé / J. Albanel / H. Trembley septembre 1881, in-8, XXXIII-949 p.

Editeur : Vor Palmé / J. Albanel / H. Trembley (Paris / Bruxelles / Genève)

Année : septembre 1881

Ouvrage consacré à la répression des congrégations non autorisées et indirectement à la question de la liberté d’enseignement. En réaction à la promulgation des fameux décrets du 29 mars 1880 visant la Compagnie des Jésuites et les congrégations catholiques ne demandant pas leur autorisation, venant compenser les effets de la Loi Falloux, les deux auteurs avaient démissionné de leur statut d’auditeur au Conseil d’État. Rappelons cependant avant d’aborder l’ouvrage le positionnement d’au moins Jules Auffray, premier président de la conférence Olivaint, dirigeant quelques années un Journal royaliste, devenu par la suite homme politique boulangiste, anti-dreyfusard, appartenant au groupe républicain nationaliste de la VIIIe Législature de l’Assemblée nationale. Dans une préface au vitriol, les derniers expliquent avoir choisi de recenser toutes les décisions (composant le corps de l’ouvrage) intervenues tant devant la juridiction civile que criminelle, ainsi que celles rendues devant la « juridiction scolaire », le tout accompagné de tableaux résumant l’ouvrage. Les auteurs saisissent l’occasion pour retracer une histoire, adaptée à leur prisme, de la question, mettent en lumière le rôle joué par les juridictions judiciaires et criminelles car cette exécution des décrets interdisant les congrégations non autorisées soulève notamment des enjeux de compétence, avec également les juridictions administratives (les questions par exemple d’acte gouvernemental étant traitées dans les décisions). Le développement du droit administratif y est ainsi même évoqué avec le rôle joué par le droit public qui « avait depuis longtemps emporté dans sa marche les lois existantes. La pratique constante de l’administration et des pouvoirs publics, était la reconnaissance, la consécration de l’existence de fait des congrégations non autorisées, c’était en un mot la liberté du domicile commun. ». La fin de la préface, ouvrant la consultation des décision rendues, s’avère finalement particulièrement acide : « Aujourd’hui les écoles sont transformées en champ de bataille. La lutte y est ardente ; ni les lois votées, ni les amendes, ni la prison ne l’éteindront ; de part et d’autre, on ne veut ni transactions pendant le combat, ni soumission dans la défaite ; la question est de vie ou de mort entre ceux qui s’arrachent l’âme de l’enfance. Le gouvernement peut contempler son ouvrage d’un œil satisfait ; par ses combinaisons savantes, par ses menées ouvertes ou souterraines, il a chassé « l’ennemi » des écoles publiques, des programmes et ouvrages publics, des fonctions publiques. Cantonné dans les établissements privés, dont le nombre est chaque jour diminué par l’énormité des sacrifices, par l’incertitude du lendemain, par les difficultés apportées au recrutement du personnel des maîtres, à l’approbation des locaux, au fonctionnement des maisons qui ont pu s’ouvrir, l’enseignement religieux semble près de disparaître. Dieu chassé de l’État, l’État sera Dieu, et les ministres ses prophètes. […] [L’avenir] montrera d’un côté un gouvernement violateur de tous les principes et de sa propre parole, adversaire implacable de toute religion, usant de toutes les armes pour asseoir sa domination, de gré ou de force, jusque dans les âmes ; — de l’autre, les religieux expulsés, assistés par tous les libéraux, défendus par les tribunaux, par la conscience populaire, par le droit. »

Prix : 100 €
Réf. :46872
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